Un an et toutes ses dents…
Le 17 mai 2009, le conseil d’administration décidait de nommer JP Directeur Général à partir du 22 mai 2009. Cette première année, chargée d’expériences mérite bien un petit regard dans le rétroviseur. L’année écoulée fut bien évidemment marquée par la mise en place des PVI et la reconnaissance par les investisseurs du nouveau modèle économique de PagesJaunes (devenir le numéro un de la recherche). Cette mise en place amène quelques remarques :
Une décision stratégique ?
Il est maintenant clair que la décision de changer de direction fut pour l’actionnaire avant tout une volonté de changer le cap et le rythme. Et force est de reconnaître que les choix de notre nouveau DG semblent être les bons. Notre ancien modèle économique, annuairiste, a été abandonné au profit de Numéro 1 de la recherche en France.
Ce modèle a été approuvé par les investisseurs qui émettaient précédemment des réserves sur l’avenir de PagesJaunes. Jusqu’à cet hiver, ces mêmes investisseurs estimaient que la situation d’annuairiste n’offrait que peu de garantie quand à l’avenir de l’entreprise, que ce soit en terme de résultats mais aussi d’avenir. D’où une cotation très faible en regard des résultats de l’entreprise (peut on investir dans une société performante mais à l’avenir incertain ?).
Il s’agit d’un enjeu majeur pour notre actionnaire car de ces choix dépendent la valeur des actions donc la valeur de revente de PagesJaunes. Il s’agit aussi d’une bonne nouvelle pour nous car c’est aussi notre avenir qui est mieux garanti.
Une décision prématurée ?
Non, en tout cas du point de vue de l’actionnaire. Certes, notre direction se doutait qu’il y aurait des problèmes mais elle estimait n’avoir pas le choix. Pour mieux comprendre, l’exemple de France Telecom juste après l’arrivée de T. Breton est significative. Le marché de l’ADSL était en train d’être capté par Free et consort avec leurs box. Un projet similaire était bien présent dans les cartons de FT mais loin d’être prêt. Afin de ne pas perdre définitivement ce marché, T. Breton a quand même décidé de lancer les Livebox tout en sachant qu’environ une sur trois serait défectueuse et donc à changer (certains clients ont eu jusqu’à 8 ou 9 livebox successives avant d’avoir une opérationnelle). Il est clair que ce fut une situation très délicate pour le personnel mais à terme l’opération s’est avéré payante (FT ayant gardé ses parts de marché).
A-t-on procédé de la même façon chez PagesJaunes ? Indubitablement, oui !!! La direction savait pertinemment que nous n’étions pas prêt mais l’urgence a fait loi.
Des erreurs d’appréciation ?
Là aussi, il faut répondre OUI. Deux erreurs majeures !
- 1ère erreur : de communication
Il aurait été préférable de communiquer aux salariés en expliquant au préalable la situation, en expliquant que nous allions passer un sale moment mais aussi en expliquant pourquoi (quel objectif, quelle contrainte, …). Le fait de savoir aurait certainement rendu les choses moins douloureuses.
- 2ème erreur de méconnaissance
Incontestablement, la crise des PVI aura été une crise de notre organisation, ou plus exactement de notre absence d’organisation (pas de concertation, pas de process transversaux, pas de formalisation des process, pas de politique de communication interne, pas de…).
Et sur ce point, notre direction n’a découvert l’ampleur des dégâts qu’à travers la crise des PVI. Et encore, il n’est pas certain qu’ils aient vraiment fait le tour du problème (difficile quand on a un tel mépris des tâches sulbaternes…).
Quelles solutions ?
Il n’est pas contestable que notre direction se veut plus réformatrice, plus moderne que la précédente. Mais à ce jour, la situation et les conditions de travail paraissent bien plus dégradées que précédemment.
Comme nous l’avions écrit, l’hypercentralisation de M. Datchary a laissé la place à… RIEN !
Nous n’avons pas l’intention de nier les gestes allant de le bon sens :
- le groupe de travail sur le management
- les groupes et autres comités de pilotage
- …
Mais fondatementalement, cela ne change rien car il s’agit d’un problème culturel. Plus de dix ans de fonctionnement hiérarchique, d’absence de concertation, de secret, … cela laisse des traces. Quelques réunions de plus ou de moins qui n’y changeront pas grand chose : organisez quelques réunions, faites y les déclarations ad hoc et ensuite continuez comme avant…
Sincèrement, pensez vous qu’une direction aussi distante (méprisante ?) envers les tâches subalternes puissent y changer quelque chose. Comment peuvent-ils arranger les problèmes de production auxquels ils n’y connaissent, dans lesquels ils ne voient que des enjeux de périmètre et de pouvoir ?
Des problèmes de recrutement ?
Première idée reçue à démolir : non il n’a pas été procédé à beaucoup de remplacement au sein du comité de direction (en général dans ce genre de situation, ce sont les trois quarts du comité de direction qui sont renouvelés dans les six mois).
Et en plus, ces changements ne se sont pas avérés conséquents avec un DRH très contesté (dans sa direction et dans le comité de direction), un « copain » plus proche du directeur de cabinet que du directeur stratégique, …
Nous pourrions aussi parler du cabinet Ceneco mais cessons pour aujourd’hui avec ces choses qui fâchent.
Et la suite ?
Il parait, qu’après la phase de réflexion, nous sommes maintenant entré dans une phase d’action et de mise en place des projets et que notre DG manifeste une plus grande attention aux problèmes d’organisation de PagesJaunes. On vous le dit : un an et déjà toutes ses dents.
La vérité, c’est qu’ils sont perdus face à la situation interne et qu’ils cherchent désespérément quoi faire, par quel bout s’attaquer à tous ces problèmes. Peut être faudrait il qu’ils remettent en question leurs attitudes et leurs comportements face aux équipes de production…