Dom Quichotte et les moulins à vent
La stratégie de notre direction en 2010 dans le domaine des « Relations Sociales » avec les « partenaires sociaux » mérite une petite analyse et une bonne dose d’humour :
Tout d’abord, ceci va à nouveau énerver ceux qui pensent qu’il n’y en a que pour les commerciaux (mais ce n’est pas ma faute).
Comme vous le savez, l’enjeu majeur pour la direction dans ce domaine est le projet Jump. La situation est simple :
- Les tests se déroulent de septembre à décembre,
- Ils doivent être « débriefés » et analysés entre la mi décembre et la fin janvier pour décider ce qui va être mis en place à l’occasion du DP 2012,
- La direction a besoin que les instances (CE et CHSCT) donnent leurs avis vers la mi-février afin que tout soit prêt pour le DP 2012 (début avril).
Le risque, vu de la Direction, est que le CE et les CHSCT décident de faire appel à une expertise, ce qui rallonge considérablement les délais (=> impossible d’être prêt pour le DP 2012).
La stratégie adoptée fut donc la suivante :
- Inciter les salariés à aller voter dès le 1er tour des élections pour être sur d’avoir en face des syndicats « représentatifs » mais surtout « légitimes » vis à vis des commerciaux. L’absence de quorum au premier tour n’aurait pas affecté le calcul de la représentativité mais affaiblissait indiscutablement la « légitimité » à discuter à la place des instances). Cette une idée « brillante » fut orchestrée par notre ancienne DRH Adjointe (D. Raphael), partie plus précipitamment que prévu suite aux « maladresses » de votre rédacteurs.
Remarque au passage : le vote des sédentaires n’intéressait guère la direction qui souhaitait juste un quorum pour négocier tranquillement sur Jump. Je sais, ça agace… - Lancer dès début septembre des négociations avec les syndicats « représentatifs » pour obtenir au plus tôt un « Protocole d’accord de méthode pour Jump ». L’objectif était de négocier un accord avec les syndicats leurs garantissant tous les moyens et informations « nécessaires » afin d’être sur d’obtenir dès la mi-février les avis des instances concernées.
- Nommer un secrétaire général réputé savoir tenir un dialogue social non conflictuel (D. Paoli, alias « Le renard »).
Et là boum patatras !
Le 1er septembre, les divergences entre la direction et les syndicats portaient sur… le nombre de membres dans les délégations des syndicats (les syndicats réclamant de pouvoir venir à 5 membres au lieu du chiffre de 4 traditionnellement pratiqués chez nous).
Bref, plusieurs réunions furent programmées pour négocier cet accord de méthode :
- les 8 et 9 septembre
- les 21 et 22 septembre
- les 5 et 6 octobre
- les 12 et 13 octobre
Remarque personnelle : J’avoue avoir du mal à savoir si d’autres réunions ont été prévues depuis. C’est bizarre, mais j’ai l’impression que ma côte de popularité auprès des syndicats n’arrive pas à décoller.
En avant la fanfare !
Face à la difficulté pour la direction de trouver les partenaires « attendus », JP Remy décide de les mettre au pieds du mur en montant la pression : fin septembre, il annonce aux membres du CE que s’ils donnent un avis défavorable sur le dossier FVP/FVL, il mettra fin au projet et au test FVL.
Et que fait le CE ?9 élus sur 11rédigent une « tartine » de deux pages, plus ou moins incompréhensible, pour conclure avec un avis défavorable.
Ni une, ni deux, notre DG s’exécute et informe tout PJ qu’il met fin au projet FVL (mail du 4 octobre 2010 avec en pj l’avis du CE) avec retour à la case départ FVP.
Comme nous vous l’avions annoncé, 45 membres de la FVP écrivent alors à JPR et au CE pour dire leur désaccord et leur volonté de devenir FVL. S’agit-il d’un mouvement « spontané » ? Peut être que non. De toute façon le mail du 4 octobre ouvrait la voie à des manœuvres en annonçant le retour à la FVP qu’à la fin octobre.
Cette semaine, mercredi 10 novembre, trois syndicats (FO, Autonomes et CGT) ont diffusés à Sèvres un tract commun sur le sujet, annonçant qu’ils « soutiennent la décision responsable prise par le comité d’entreprise sur le déploiement de la FVL ». Là aussi, après plusieurs de silence, écrire aux sédentaires de Sèvres un papier qui parle des commerciaux, cela peut agacer. Ceci dit,la structure du tract est intéressante :
- Après un paragraphe sur ce qu’a fait le CE sur le sujet, le second paragraphe utilise du rouge pour préciser que la direction a refusé une expertise, a refusé la consultation des CHSCT et a refusé de négocier sur le sujet avec les syndicats.
- Un peu plus loin, le tract réclame « un contrat identique pour les Responsables de la FVL à celui de la FVN », pour « ancrer les origines de ce canal, rassurer et garantir les autres canaux de ventes VTC et FVN », le tout en gros, en gras et en rouge.
- En page 2, le tract conclue avec cette phrase « Des faits graves pour la poursuite du dialogue social ».
- Avant d’évoquer les futures négociations salariales !!!
En bref, après avoir succinctement causé du sujet (le test FVL), ils avouent avoir donné un avis négatif :
- parce qu’ils n’ont pas obtenu leur expertise,
- parce qu’ils protègent les commerciaux,
- parce qu’ils font pression en utilisant le thème de la qualité du dialogue social.
En un mot, tout ce que la direction veut éviter pour Jump. Bref, la FVL et les sédentaires sont bien le cadet de leurs soucis. Ils (la direction et les syndicats) ne pensent qu’à Jump.
Dom Quichotte et les moulins à vent ?
Voilà qui inaugure bien de l’avenir du dialogue social sur le projet Jump. Certains syndicats sont prêts à n’importe quoi pour maintenir le statut quoi sur la FVN et l’organisation actuelle. Il y va de leur avenir électoral mais aussi de leurs contrats de travail et donc des modalités de calculs pour l’indemnisation de leurs heures de délégation (= comment toucher encore plus de pognon).
Inutile de vous dire qui est Dom Quichotte et qui sont les moulins à vent. Par contre, on peut se faire du soucis sur les possibilités d’être prêt ou non pour le prochain Départ Prospection. De gros soucis, car il s’agit de savoir quel va être notre modèle de commercialisation, c’est-à-dire comment on va vendre. C’est juste ce qui déterminera nos futurs résultats et donc notre avenir à tous (commerciaux et non commerciaux).
Je ne suis pas sur « qu’en haut », ils aient choisis la bonne solution pour y parvenir. D’ailleurs, l’atttitude de certains directeurs évoluent ces derniers temps vis à vis des « rebelles » ayant montré des comportements « indépendants » dans les relations sociales. Mais il est trop tard pour revenir en arrière et « i-Pages » est bel et bien mort.