Les grognements de l’hippocampe : La bonne blague !

Nous avons eu droit à une nouvelle émission « Ligne directe » vendredi dernier avec beaucoup de bla bla et aucune grande annonce. Mais, après coup, je me suis rendu compte que deux termes avaient complètement, totalement disparus du langage de notre DG : employabilité et investissements.

Pffftttt ! Plus rien ! Disparus !

Par contre, nous avons eu droit à notre gentil monsieur qui s’est étonné des réactions des salariés sur leurs métiers. Quelle surprise n’est-ce pas ? Car ce n’est pas comme si quelqu’un avait asséné un discours sur l’employabilité à coup de massue en début d’année.

Quelle surprise, hein ? Mais qu’est-ce qu’ils leurs prends aux salariés ? Et on a eu droit à notre demi-heure de platitude, de bons sentiments en compagnie de notre DRH.

Quand j’étais gamin, on me disait qu’il fallait toujours tourner sept fois sa langue de sa bouche avant de parler… Il aurait peut être du s’en rappeler en janvier.

Mais c’est souvent le problème de ceux qui prennent les autres pour des idiots (comme si nous confondions « emplois » et « métiers » ou « postes »).

C’est déjà le cas quand il nous a pris pour des gogos avec son « investissement » : son projet de restructuration de la dette était le seul valable, le seul qui nous donnerait les moyens d’investir, …

Il nous a balancé cela en boucle pendant deux mois avant les AG, à nous les salariés, mais aussi aux actionnaires, journalistes, …

Depuis l’AG du 15 décembre 2017, on recherche désespérément à quoi pourrait ressembler un investissement. On en trouve des traces ici ou là, mais franchement sporadiques. On est plus proche du saupoudrage radin que de l’investissement massif annoncé.

Et pourtant, nous avons bien empoché les 400 millions d’euros (398 pour être précis) suite à l’augmentation de capital qui devaient servir à cela.

Autre baratin : c’est juré, promis, craché, nous ne verserons pas de dividendes. La priorité est d’investir pour nous moderniser, pour recoller au marché.

Ben tiens !

Voici les quatre objectifs 2017 pour JPR :

  • Evolution de l’agrégat EBITDA-CAPEX : 50%
  • Croissance du chiffre d’affaires Internet 2017 : 12,5%
  • Evolution du nombre de Clients : 12,5%
  • Total Shareholder Return : 25%

Les chiffres sont en pourcentage de son salaire fixe (520 000 euros) à objectif atteint (jusqu’à 200% au total en cas d’objectifs dépassés).

Le Total Shareholder Return correspond au taux de rentabilité d’une action sur une période donnée et intègre les dividendes reçus et la plus-value réalisée.

La distribution de dividende peut donc lui rapporter une part variable de 130 000 euros à objectif atteint et jusqu’à 260 000 euros à objectif dépassé. Qui veut encore parier que nous ne distribuerons pas de dividendes en 2017 ? Pas moi.

L’EBITDA désigne communément les revenus d’une entreprise avant soustraction des intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations. Il correspond ainsi au profit généré par l’activité d’une entreprise.

Les CAPEX ou dépenses d’investissement (de l’anglais capital expenditure), se réfèrent aux immobilisations, c’est-à-dire aux dépenses qui ont une valeur positive sur le long terme.

A objectif atteint, cela lui rapportera 260 000 euros, à objectif dépassé jusqu’à 520 000 euros.

Investir ? La belle blague ! Les salariés n’ont qu’à s’adapter, c’est moins cher.

Mais désormais, on leur dira en prenant des gants, des fois que l’on ait à nouveau besoin d’eux pour sauver sa place à la prochaine AG…