PagesJaunes, sa trésorerie et sa dette
La dette PJG a bien été l’élément déterminant pour le fonctionnement de l’entreprise en 2012. Malgré la renégociation qui vient de se terminer, elle n’a pas fini de peser sur notre quotidien. Explications.
Dette et trésorerie
Pour commencer voici un graphique (que pour vous !) reprenant l’évolution de la trésorerie nette de PagesJaunes depuis le 30 juin 2008 (en millions d’euros) :
Les 521,1 millions d’euros de trésorerie au 31/09/2012 se décomposent comme suit :
- Flux nets de trésorerie générés par l’activités : + 194,4 millions d’euros
- Flux nets de trésorerie affectés aux opérations d’investissement : – 30,9 millions d’euros
- Flux nets de trésorerie affectés aux opérations de financement : + 279,5 millions d’euros
- Trésorerie nette et équivalents de trésorerie au 1er janvier 2012 : 78,1 millions d’euros
Plusieurs remarques s’imposent :
- en 2012, PJG n’a pas versé de dividendes, ce qui représentait environ 163 millions d’euros pour 2011.
- Dans le cadre du refinancement négocié cet automne (opération clôturée le 27/11/2012), PJG a versé environ 417 millions d’euros à ses créanciers à titre de remboursement anticipé.
La trésorerie de PJG n’est donc plus de 521 millions d’euros (chiffre au 30/09/2012). Au 30/11/2012, on peut raisonnablement estimer notre trésorerie dans une fourchette comprise entre 140 à 180 millions d’euros. Il est impossible de faire une estimation plus précise en tenant compte des fortes variations saisonnières chez nous mais aussi car nous n’avons pas encore une vision des économies supplémentaires obtenues grace aux mesures prises depuis début juin 2012 (notamment sur les effectifs).
- PJG déclare dégager 443 millions d’euros de trésorerie depuis le 1er janvier 2012 soit environ 49 millions d’euros par mois.
Si on enlève à ces 443 millions d’euros les « flux nets de trésorerie générés par l’activité » (soit 194,4 millions d’euros), cela donne un montant d’environ 27,6 millions d’euros par mois. C’est le montant de cash que nous libérons réellement (hors phénomènes de flux comptables) depuis le début de l’année.
Ceci dit, les charges et salaires (hors international) pour 2011 s’élevaient à environ 297,8 millions d’euros. Les départs (ruptures, licenciements, fins de prestation, …) non remplacés devraient permettre des économies probablement aux alentours des 15 millions d’euros par année pleine (un calcul haut donnerait un maximum à 24 millions d’euros). Il s’agit d’estimations car il est très difficile de connaître les chiffres de départ (en particuliers des prestataires).
Pour mémoire, nous devons rembourser 1,392 milliards d’euros en septembre 2015. En partant d’octobre 2012, cela représente presque 39 millions d’euros par mois. Si on en retire le cash restant après le remboursement anticipé, cela fait entre 33 à 35 millions d’euros par mois à trouver. Les restrictions sont loin d’être terminées…
Mais on ne peut pas s’arrêter ici car il faut aussi penser que l’entreprise devra investir pour pouvoir croître et s’adapter. Ces investissements ont toujours un coûts (que ce soient des acquisitions ou de nouveaux projets).
Conjonctures et évolutions
Depuis 4 ans, notre direction table sur un retour à la croissance de notre chiffre d’affaire pour augmenter les résultats. Ils y croient toujours, mais pas vous d’après notre petite enquête interne ( seulement 15 réponses au 28 novembre !!!) :
Pensez-vous que les résultats de PagesJaunes vont progresser dans les six prochains mois ?
Avez-vous des inquiétudes concernant la situation financière de PJ (endettement) ?
Avez-vous confiance dans la Direction Générale de PJ pour améliorer la situation ?
Tout le problème tient en une question : notre direction est-elle capable de mettre en place des actions réellement en mesure d’améliorer nos performances ?
Pour être plus précis, il ne s’agit pas de savoir si les décisions stratégiques, marketings, financières ou de communication seront les bonnes.,mais s’ils vont être à même de prendre des décisions d’architectures, d’organisations du travail, de process, … efficientes et concrètes (hors techniques de gestions purement virtuelles).
L’autre problématique est dans la capacité à remotiver les troupes, en particuliers chez les sédentaires. Des études américaines récentes ont démontré que la démotivation du personnel pouvait générer des pertes de productivité équivalente à une perte 40 jours travaillés par an.
Personnellement, je pense que la démotivation du personnel nous coûte plusieurs points de croissance par an. Je pense aussi qu’ils ont été, sont et seront incapables de remettre en question leurs croyances, schémas et pratiques pour pouvoir y remédier. C’est aux antipodes de ce qu’ils apprennent dans les écoles de gestion et les cabinets d’audits.
Les mois qui arrivent, avec leur lots de projets encore « top secret défense ultra confidentiel » peut devenir une période charnière. Il s’agit une opportunité de redéfinir notre organisation du travail (au moins au niveau du traitement client), et donc de redéfinir des métiers comme le service client, la production (DPA-PJMS), …
Un beau sujet pour un futur article.
PS : n’étant pas un financier, des erreurs sont possibles dans cette analyse. Je remercie par avance ceux d’entre vous qui seraient mieux informés ou plus compétents de bien vouloir me corriger.