Edito du 1er aout 2018

Les départs volontaires se sont multipliés et l’actualité sociale de l’entreprise est plutôt sur ceux qui voulaient partir et qui n’y arrivent pas. Le volontariat est ouvert jusqu’à fin septembre. Il est certes mois avantageux pour les plus « anciens » mais encore intéressant pour d’autres.

Pour réussir un switch, il faut que le management et la direction soient convaincus que le salarié qui resterait sera réellement capable de remplir aussitôt les missions du salarié sur le départ. La moindre hésitation à ce sujet entraîne un refus.

Il faut aussi éviter que celui qui resterait gagne nettement plus que celui qui partirait (l’objectif étant de réduire le plus possible la masse salariale). L’inverse est nettement préférable pour réussir un switch.

Tout ceci vu de la direction

La direction a tenté les diverses options possibles dont les actions relevant du domaine politique (relation E. Danon / Macron, …). En vain. Peut-être grâce à l’action répétée et incessante de certains de nos élus auprès des députés (entre autres).

Il a fallu finalement négocié pour obtenir un accord pour éloigner les risques d’invalidation par la DIRECCTE. Bref, le PSE est signé, les volontaires se sont multipliés et la direction peut aller aussi vite qu’elle le souhaite.

Au passage, la direction se gargarise de sa réussite (après tout, cela va encore plus vite qu’attendu par le Conseil d’administration) mais ne réalise pas ce que cela signifie en termes de climat social, de démotivation et de perception négative de l’entreprise en interne (certains doivent l’avoir analyser mais se gardent bien d’en parler).

Pour les actionnaires

La 3ème résolution votée à l’Assemblée Générale des actionnaires du mois de juin confirme la contrainte que les clauses de la dette font peser pour distribuer du dividende :

« L’assemblée générale, statuant aux conditions de quorum et de majorité requises pour les assemblées générales ordinaires, après avoir pris connaissance du rapport du conseil d’administration,

  • constate que le bénéfice de l’exercice clos le 31 décembre 2017 s’élève à 21 001 929,21 euros ;
  • décide de prélever sur le bénéfice de l’exercice clos le 31 décembre 2017 un montant de 204 752,92 euros pour affectation à la « réserve légale » dont le montant après affectation sera créditeur de 5 824 448 euros ;
  • constate que, compte tenu du report à nouveau antérieur qui s’élève à 8 639 384,40 euros et des sommes à porter à la réserve légale, le bénéfice distribuable s’élève à 29 436 560,69 euros ;
  • décide d’affecter en intégralité le bénéfice distribuable au poste « report à nouveau », dont le montant après affectation sera créditeur de 29 436 560,69 euros.

Il est rappelé qu’aucun dividende n’a été distribué au titre des trois exercices précédents. »

En clair, il y a déjà plus de 29 millions d’euros en attente de distribution pour les actionnaires dont une vingtaine viennent d’être ajoutés à partir des résultats 2017.

Mais pour distribuer tout ceci, il faut que le PSE génère les 120 millions d’économies annuelles attendues pour 2020, auxquels s’ajouteront les économies réalisés sur les taux d’intérêt des 398 millions d’euros d’obligations (calculés sur le même ration dette nette/ebitda).

Et maintenant ?

Cette phase concerne toute la gestion des impacts du PSE, des départs et des retards (dans les projets notamment) :

  • Départs massifs d’anciens ayant souvent une fonction de « sachants » et donc pertes de connaissances et de savoirs,
  • Déstructuration supplémentaire de l’entreprise liée à la réorganisation et aux départs,
  • Gout amer pour les volontaires recalés,
  • Risque de démotivation pour le non volontaires mais volontaires (ils auraient aimé partir ne peuvent pas se le permettre),
  • Effets pathogènes des départs contraints à venir,
  • Risque d’effectifs commerciaux en baisse à partir du 18 juillet (et non à partir d’octobre ou de novembre). La direction a déjà fait solliciter la mise en place de réunion de gestion de cette crise,

Autre information en passant : le PIC avait reçu pour consigne de ne pas donner de rdv aux salariés ayant moins de 5 ans d’ancienneté et donc le poste n’est pas directement supprimé. Même volontaires, ceux-là n’ont que très peu de chance d’avoir leurs candidatures retenues et leur nom « ressortir » après la moulinette.

Des bonnes nouvelles ?

la DG commence à réaliser que nous ne sommes pas tous une bande de gros nuls. Elle s’en est rendu compte avec la télévente (test WebHelp peu concluant). Du coup, la fermeture des téléventes est remise en question (Nancy semble déjà sauvée, c’est à l’étude pour Marseille et éventuellement Toulouse).

Correction du 6 septembre : l’annonce faite le DAT de Nancy sur la pérennité de l’agence Télévente ne s’appuie sur aucun élément concret. Coup de bluff de sa part (et d’un partenaire social) ?

Elle commence à le réaliser aussi pour d’autres activités (d’où la crispation actuelle sur les switchs de poste).

Le nombre de départs volontaires va très fortement limiter le nombre de licenciements contraints. Les effets négatifs de cette phase de licenciement seront probablement bien moins importants que prévus. D’autant plus que les départs volontaires restent ouverts jusqu’à fin septembre.

La phase de perturbation « sociale » pourrait donc être moins forte et moins longue qu’avec 600 ou 800 licenciements. Moins de démotivation, plus de travail, une nécessité de s’en sortir pour garder nos emplois, … Cela sera très important pour la phase de transition qui commence.

Les enjeux 

La période cruciale est septembre 2018 – septembre 2019. Si nous survivons à cette période sans trop de dégâts (pas de perte de CA de 40% mais de maxi 10 à 20%), alors le coup sera jouable.

Les effets du PSE se tasseront. Les probabilités d’un 2e PSE s’affaibliront (beaucoup de volontaires pour le 1er et probabilité de garder les téléventes en hausse).

Le bazar commencera alors à se stabiliser. Les projets commenceront à avoir de bonnes chances d’aboutir.

Et surtout, en augmentant de 120 millions par an notre taux de marge, nous augmentons sérieusement nos possibilités de survivre.

Mais plus nous serons obligés de taper dans ces 120 millions pour survivre, plus la tension deviendra forte de la part des actionnaires qui espèrent empocher un maximum de ces 120 millions.

Et en 2022, il faudra rembourser 398 millions d’euros…