Conquérir 2020 : Un vrai défi !
Le choix des noms pour un projet est parfois étonnant, mais c’est souvent révélateur. Par exemple, Conquérir 2018 portait bien son nom car il fallait bien arriver à dépasser le mur de la dette qui arrivait à échéance en 2018. Et ce n’était pas gagné, loin de là.
Mais en dehors cela, il s’agissait d’une coquille vide, qui sonnait bien et que JPR a su vendre à toutes les sauces (en interne, devant les médias, aux AG, …).
Maintenant, je me sens moins bête car pendant un an je suis resté incapable de dire de quoi il s’agissait.
Conquérir 2020
Le maintien du terme Conquérir est très révélateur car on ne peut conquérir que ce que l’on a pas.
Cela signifie que pour l’instant nous ne sommes pas en mesure d’arriver jusqu’en 2020. Et pour une fois, je suis assez d’accord avec la direction.
Cela fait des années (une bonne décennie) que nous réclamons la modernisation de nos outils. Comme l’hippocampe l’a indiqué récemment, notre SGC a plus de 20 ans. Il s’agit du cœur de notre système pour traiter nos clients (sur nos supports en particuliers).
C’est tout notre système de production et de fabrication qui est à genoux et archaïques. On n’y parle pas de workflow ou d’ERP (ou alors de 15 outils de workflow différents pour suivre la fabrication de nos produits). Le moyen âge informatique.
C’est pour cette même raison que la boutique en ligne fait plus penser à l’âge de pierre qu’à une vitrine de notre savoir-faire.
A l’heure où le marché de la publicité en ligne est maintenant majoritairement sur le programmatique, nous sommes en dehors du marché (on y parle de mise en ligne en centièmes de secondes, chez nous, c’est en jours ou en semaine).
Notre situation
Est-ce si grave ?
Réponse : C’est très grave, car nous perdons déjà de l’audience sur nos supports (Arena y fera peut-être du bien en modernisant notre liste réponse). Du coup, nous avons aussi perdu du CA sur nos supports.
Le problème, c’est qu’il s’agit de CA avec un fort taux de marge, à la différence du CA que nous faisons en tant que régie publicitaire (programmatique entre autres et il s’agit d’un marché extrêmement concurrentiel à faible taux de marge).
En d’autres termes, si nous ne redressons pas rapidement la barre sur le CA de nos produits, nous ne gagnerons plus assez d’argent pour faire face à nos échéances.
Ce qui nous a sauvé depuis plus de 10 ans, c’est le fait que nous avons toujours continué à gagner de l’argent (grâce à nos taux de marges sur nos produits).
Si la tendance actuelle se poursuit, nous serons incapables de rembourser la dette (il reste 398 millions), verser des dividendes et mêmes d’honorer nos dépenses courantes (nous payons déjà les factures avec plus de 6 mois de retard).
Il va donc falloir faire en moins de deux ans ce que nous n’avons pas fait depuis 15 ans, le tout sans investir.
S’ils se loupent (à la DG et au Conseil d’administration), on peut tout à fait mettre la clé sous le paillasson d’ici 2019 ou 2020 (cessation de paiement par exemple) d’ici 2019 ou 2020.
Tout va se jouer en grande partie sur l’utilisation des 398 millions d’euros engrangés suite à l’augmentation de capital.
Quel scénario ?
Le plus mauvais scénario serait une décision d’un versement d’un dividende exceptionnel puisé sur tout ou partie des 398 millions d’euros.
Investir ? Pour l’instant ce n’est pas dans les tuyaux (arbitrage toutes les 12 semaines, un sou étant un sou). La confiance est rompue sur ce sujet notamment suite aux dizaines de millions d’euros dépensés sur Vision (on parle de 50 millions). Et quelques chantiers récents abandonnés n’ont pas renforcé cette confiance.
Le choix d’un remboursement immédiat de la dette (faisable car elle est aussi de 398 millions) est sans intérêt. En effet, cela ne dégagerait qu’une économie d’environ 30 millions par ans (les intérêts) et aucune marge de manœuvre pour investir (sauf à emprunter de nouveau).
Une solution intermédiaire assez intelligente serait de renégocier la dette (déjà envisagé dans un communiqué de presse de février) en utilisant une partie des 398 millions pour avoir un taux d’intérêt plus faible et une somme finale plus faible (et des délais plus importants).
Mais quid du solde des 398 millions en caisse suite à l’augmentation de capital : Trésor de guerre ? Matelas pour les coups durs ? Possible.
En tenant des schémas de notre DG, il est assez plausible qu’une partie soit utilisé pour acheter d’autres startup ou d’autres entreprises. Une bonne idée pour gagner du temps et de l’investissement ? A voir car pour l’instant nous n’avons pas sur valoriser nos acquisitions.
Bref, tout va se jouer sur l’utilisation des 398 millions d’euros acquis lors de l’augmentation de capital. Il va falloir suivre de près les annonces à ce sujet pour se faire une idée.
Mais en connaissant les objectifs de JPR (voir le dernier grognement de l’hippocampe), il y a de quoi s’inquiéter.