Les grognements de l’hippocampe : désabusés ?

Rédiger un billet régulièrement n’est pas toujours facile (le problème de la feuille blanche). Je suis donc allé à la pêche aux idées et j’ai demandé ici et là de quoi les salariés aimeraient que l’on parle. Ils m’ont répondu qu’ils étaient « désabusés ».

Désabusés ?

Franchement, sur le coup je n’ai pas compris pourquoi.

Les créanciers doivent être contents, le plan de restructuration de la dette est passé. . En plus, les « méchants » se sont fait rejeter et ils ont vu leurs recours devant les tribunaux déboutés. Même les petits porteurs doivent être contents : comme ils ont bien investi dans l’augmentation de capital, la fameuse « dilution » tant redoutée n’a pas eu lieu.

Non, je ne comprends pas.

Sans compter que JPR et CP ont sauvé leur place. Et ce n’était pas gagné d’avance. OK, les actionnaires n’ont pas validé leur rémunération. Mais le Conseil d’Administration l’a fait quand même (voir ici).

Même Robert de Metz a gardé sa place. Et pourtant, ils étaient nombreux à la vouloir sa place.

Je ne vois toujours pas pourquoi.

Comme il l’avait dit à l’AG, JPR se soucie de nos emplois et de notre employabilité (afin de pouvoir garder nos emplois). En plus, il ne faut pas trop s’inquiéter de ce côté-là car il nous prend pour des débilos (voir ici et ici). C’est pour cela qu’il avait un ton dramatique mais, du coup, ce sera donc plus facile qu’il ne l’imagine.

Alors pourquoi « désabusés » ?

C’est vrai, leur seule préoccupation là-haut est de sauver leur place. Et cela va continuer : s’il faut distribuer des dividendes pour cela, et bien on distribuera des dividendes (et tant pis pour l’investissement et le reste).

Mais, honnêtement, cela n’a rien d’un scoop ou d’une nouveauté.

Sur le fond, il n’y a rien de nouveau depuis un six mois ou un an :

  • Nous avons toujours une dette que la direction envisage déjà de renégocier,
  • Nous continuons à payer nos fournisseurs avec des délais toujours aussi ahurissants.
  • On ne parle pas d’investir alors que nos serveurs accumulent années et complexité (le schéma représentant notre architecture informatique ressemble plus à un plat de spaghettis qu’à autre chose),
  • Vous continuez à vous asseoir sur l’idée d’avoir une augmentation (la priorité est d’être employable),

Mieux : nous avons « Conquérir 2020 » qui remplace « Conquérir 2018 » (dont je n’avais jamais compris ce que c’était… ).

Ok, ok, ok, j’arrête.

C’est vrai : on a tous besoin d’avoir un espoir, une lueur qui brille au loin qui nous permet d’avancer. Et il n’y en a pas des masses en ce moment des motifs d’espoir. En plus, c’était tellement tentant d’y croire avant les AG. Mais, comme prévu, plus dure fut la chute.

Oui, oui, je suis d’accord, tout le monde ne peut pas être aussi cynique que votre hippocampe. Certains penseront que c’est peut-être mieux comme cela.

Mais quand même je me demande : Et si c’était cela le problème ?