Les risques pour l’emploi chez Solocal Group

Lors d’une réunion, Jean-Pierre Favre, l’avocat de Solocal Group (en charge de la renégociation de la dette) a affirmé qu’à aucun moment un des interlocuteurs n’avait évoqué les emplois ou les salariés et qu’à sa connaissance il n’existait aucun plan sur ce sujet.

Cette précision n’a toutefois pas enlevé les doutes autour de la table et elle n’enlèvera certainement pas vos doutes si vous en avez.

Le plus simple est donc de se pencher sur la situation de l’emploi chez Solocal :

Fin décembre 2014 Fin décembre 2015 Fin décembre 2016
Salariés 5 487 5 056 Env. 4400
Embauches en CDI 1 158 590
CDD passés en CDO 25
Départs de CDI 635 966
Solde entrées -départs 523 -376 Env. -650
Turn-Over 7,6% 14,0%
Nb de jours de maladie 70 219 92 967
Taux absentéisme 5,4% 7,0% Env. 9,0%

Les tendances observées :

  • Non remplacement d’un grand nombre de départs en 2015. A vue d’œil, cela se prolonge en 2016.
  • Inversion des soldes entrées-départs
  • Entre 2014 et 2016, le groupe aura perdu environ 1 000 emplois, dont une grande partie avec des départs spontanées.
  • Absentéisme en hausse sensible.

En d’autres termes, ils n’ont pas besoin d’un PSE : les salariés partent d’eux-mêmes ! Ils démissionnent, négocient leur départ, se mettent en arrêt maladie s’ils ne peuvent pas faire autrement, …

Virginie Cayatte après son arrivée en janvier 2015 avait annoncé qu’il faudrait 1 000 postes en moins dans le groupe pour lui permettre d’atteindre ses objectifs financiers : c’est fait !

L’analyse des frais de personnel est tout aussi instructive :

Frais de personnels

En millions d’euros

Évolutions

30 juin 2014

212,8

30 juin 2015

209,2

-3,6

30 juin 2016

187,6

-21,6

Cela représente une économie d’environ 12% en deux ans (-25 millions d’euros), dont l’essentiel sur l’année écoulée.

Rappelons que Solocal Group est unanimement considérée comme une entreprise rentable. Notre soucis n’est pas le taux de marge, c’est l’endettement et le chiffre d’affaire (en cours de stabilisation sur 2016).

La vraie difficulté, quelque soit le plan adopté, sera, en 5 ans :

  • de payer les intérêts des 400 millions de dettes restantes (environ 28 à 32 millions par an),
  • de rembourser les 400 millions de dettes restantes,
  • d’investir notamment dans notre système d’information,
  • de verser des dividendes.

Le coûts de la dette actuel s’élevait à entre 70 et 75 millions d’euros par an. Nous allons donc en économiser environ 45 par an. Cela parait juste pour faire tout ce qui est énoncé.

Un PSE : trop cher, il mangerait toute la marge nécessaire pour verser des dividendes, payer  les intérêts, investir, …

Même Air France avec ses 400 millions d’euros de cash (il y a un an) a abandonné la piste du PSE pour un énième plan de départ volontaire. Trop cher même avec 400 millions.

Par contre, on peut s’inquiéter pour les conditions de travail, pour les augmentations, … Du coup, les taux de  turn-over et d’absentéisme n’ont aucune raison de s’effondrer (sauf peur du licenciement pour l’absentéisme).

Conclusions :

  • Si vous arrivez à vous accrocher, vous devriez conserver votre emploi.
  • Le bien-être au travail va encore longtemps rester une utopie chez nous.
  • Il va falloir se battre pour protéger notre pouvoir d’achat (augmentations générales et individuelles).

Remarque :

Il y a une probabilité non négligeable que Solocal Group n’ait que peu (ou pas) rembourser les 400 millions d’ici 5 ans (sauf en cas d’explosion de notre CA d’ici deux ans).

Cela signifierait une autre renégociation de la dette dans… 3 ou 4 ans.