Petite histoire de la journée de 6 heures en cas de grèves des transports

L’article 3.2.4 de l’accord ARTT PJ, intitulé « Grève générale des transports-récupération » prévoit la possibilité de l’octroi d’une journée de 6 heures pour les salariés effectivement touchés.

Cet article fut utilisé à plusieurs reprise depuis le 18 mai 2016. Le mail de la direction du 31 mai 2016 ajoutait cette mention :

« A noter cependant que ne sont éligibles à cette journée de 6 heures que les salariés qui sont effectivement touchés par les problèmes de transports ce jour-là et que par ailleurs, il n’est pas possible de générer du crédit d’heure sur cette journée. »

Malheureusement, des salariés ont profité de cette journée de 6 heures pour faire grimper leurs compteurs et ainsi pouvoir demander des journées de récupération.

Le 7 juin 2016, une nouvelle phrase était ajoutée en gras :

« Ces mesures s’appliquent aux salariés réellement impactés, toute au long de la durée de cette grève débutée le 1er juin dernier. »

L’agacement de la direction devenait perceptible.

Le 14 juin 2016, à l’occasion de la réunion des délégués du personnel, suite à une réclamation sur ce sujet, la position de la direction tombait :

« Cette mesure ne concerne que les salariés venant en transports en commun.

Concernant les salariés ayant profité de la journée de 6 heures pour créditer leurs compteurs, ces crédits horaires seront supprimés rétroactivement aux débuts des grèves (le 18 mai 2016). »

Ce fut l’occasion d’une réaction assez « vigoureuse » notamment de la part des délégués du personnel de notre syndicat (votre serviteur en particuliers) sur les différents aspects illégaux de cette manœuvre.

Nous avons pu notamment acter de la situation de tous les compteurs sur Citylights avant la correction des crédits afin de pouvoir agir par la suite (auprès de l’Inspection du Travail).

Quelques jours plus tard, les réponses écrites aux délégués du personnel nous parvenaient :

« Cette mesure ne concerne que les salariés venant en transports en commun. »

Pas de rétroactivité donc (1).

Que pouvait faire la direction ?

Son idée de corriger rétroactivement les compteurs violaient de nombreuses dispositions légales. Il a suffi de les mentionner pour les arrêter.

La seule solution pour la direction était de convoquer les salariés fautifs en entretien préalable à sanction (ou à licenciement !).

Le délai de prescription est de 2 mois après l’observation de la faute (car il s’agit bien d’une faute). En septembre, on pourra être certain que ces fautes ne seront pas sanctionnées.

Mais pour cela, il aurait fallu du courage managérial : la direction avait prévu de d’abord faire supprimer ces crédits horaires et ensuite demander aux managers de proximité d’en informer les salariés concernés.

C’était une faute car cela constituait un désaveu des managers ayant accordé cette journée de 6 heures et ayant permis aux salariés d’accumuler du crédit d’heures. Rien de mieux pour fragiliser un management de proximité qui n’en a déjà pas besoin.

On peut aussi remarquer que l’on demande aux managers de proximité de faire preuve de courage managérial pour ne pas en avoir besoin soi-même (ils n’auront pas le courage de sanctionner pour cette fois).

Une autre solution ?

On pourrait tout à fait imaginer que les compteurs des salariés en journée de 6 heures soit automatiquement créditer du temps de la journée (comme pour les formations), le manager veillant à ce que le salarié fasse bien ses 6 heures.

D’autres solution sont certainement possibles.

Nous avons encore des avantages et il faut les protéger

Nous avons encore la chance chez PagesJaunes de pouvoir bénéficier d’avantages comme les journées de 6 heures, les journées enfants malades, …

Il est regrettable que certains en abusent. Cela se fait toujours au détriment de la majorité.

La réaction de la direction semble assez définitive : ils ne veulent plus entendre parler de journée de 6 heures pour les salariés bloqués dans les bouchons.

Pour l’instant, ils sont trop braqués pour entendre raison sur les cas vraiment difficiles. Ce sera peut-être possible plus tard quand ils se seront calmés.

En fait, ils ne veulent plus entendre parler de la journée de 6 heures. Certes, cette disposition figure dans l’accord ARTT, mais il faudra à chaque fois râler pour l’obtenir comme fut le cas au milieu des années 2000 (après des abus là aussi).

(1) un doute subsiste sur la journée du 18 mai 2016. Mais en l’absence de preuves formelles ou de témoignages…