La véritable échéance, c’est 2018 !
Une faillite potentielle parait peu envisageable d’ici là : si par malheur notre trésorerie ne se redressait pas, il peu probable qu’une banque prenne le risque de nous mettre en défaut de paiement pour des affaires courantes (ils sont tous liés les uns aux autres et il reste un milliard d’euros à récupérer sur notre dos).
Un rachat parait tout aussi improbable :
- notre valeur boursière oscille entre 250 et 500 millions d’euros seulement (en fonction de la cotation de l’action qui fait le yoyo),
- mais notre dette s’élève à plus d’un milliard d’euros,
- notre CA est en baisse,
- le nombre de client est en chute (moins de 600 000),
- la trésorerie est à plat,
- et pour nous racheter, il faut aller chercher en bourse au moins 500 millions d’actions : ce n’est pas très discret et cela garantit une hausse spectaculaire du cours de l’action et donc du coût du rachat…).
Bref peu probable. D’ailleurs, la plupart des investisseurs financiers revendent leurs actions ces derniers temps.
Remarque : il est dommage pour nous de ne pas avoir un repreneur, car seul un acheteur ayant un véritable projet « industriel » (et non financier) serait susceptible de le faire ; ce qui pourrait garantir un avenir.
Non la vraie question est celle-ci : comment rembourser en 2018 les 350 millions d’euros d’obligations « PagesJaunes Finances SA » ?
Car chaque détenteur d’une obligation est un créancier qui pourrait nous mettre en redressement judiciaire en cas de défaut de remboursement.
L’étude de l’obligation révèle quand même quelques intérêts:
- PagesJaunes Finances SA : société basée au Luxembourg,
- Obligations émise sur l’Euronext à Berlin,
- Echéance : 1er juin 2018,
- Coupon : 8,875% par an en deux fois, (2x 4,4375%) soit environ 31 millions d’euros reversés par an,
- Coupure de base : 100 000 euros (montant minimal d’achat de l’obligation).
Il ne doit pas y avoir beaucoup de particuliers ayant investi dans ce produit avec une coupure de base à 100 000 euros. Il s’agit donc essentiellement d’investisseurs institutionnels (les fameux « zinzins ») : fonds de pension, fonds de placements, banques, …
En fait, l’essentiel de la stratégie actuelle de notre direction est focalisée sur cette échéance. Comme il n’apparaît pas possible de trouver en interne 350 millions d’euros d’ici 3 ans, pour s’en sortir, il va falloir à nouveau emprunter (pour rembourser un emprunt qui servait à rembourser lui-même un autre emprunt, à force ça pue).
Le débat est très simple : soit on arrive à refinancer cette dette, soit on risque de fermer en 2018. Mais plus personne ne veut nous prêter. Il faut donc rassurer les préteurs potentiels. Cela implique :
- de commencer à racheter des obligations (15 millions de rachats voté à la dernière AG des actionnaires)
- de dégager plus de cash (d’où tous les réductions budgétaires drastiques),
- de mettre en place une politique « visible » de l’extérieur montrant une bonne gestion des coûts pour rassurer: par exemple, l’annonce d’un PDV en pleine présentation financière,
- …
Bref, voici venu le temps des vaches maigres, très maigres. On a pas fini de « payer » les généreux bénéfices et les grandioses plus values de KKR et Goldmans Sachs.