Les grognements de l’hippocampe : PagesJaunes et les Big Three
«Nous sommes largement responsables de ce qui nous est arrivé, reconnaît-il. Pendant des décennies, nous avons oublié ce que voulait le consommateur et ignoré ce que réalisait la concurrence asiatique ou européenne. On se croyait invincible. Nous avions beaucoup trop de concessionnaires, pas assez de modèles de qualité et des avantages syndicaux exorbitants pour les salariés. In fine, quand la récession a frappé au coin de la porte, tout ce bel échafaudage s’est effondré.»
Greg Martin, le directeur exécutif de GM (2012).
Cela vous fait penser à quelque chose ? Mais si, cherchez bien…
Oui, PagesJaunes s’est longtemps cru invincible,
Oui, nous avons oublié ce que veut notre client. Enfin, pour être plus précis, oui notre direction a oublié ce que veut notre client,
Oui, nous avons des problèmes de qualité de production,
Oui, oui, …
Avant la crise de 2008, les Big Three (GM, Ford et Chrysler) s’étaient centrés sur les véhicules à fortes marges en particulier les pick up, au détriment des petits véhicules et de la qualité de fabrication notamment.
GM fut l’archétype de la société gérée uniquement par le biais de plans marketing et financiers, au détriment des investissements productifs et de la qualité des produits. C’était un lieu commun que de constater la rusticité de leur moteur, la faible qualité de fabrication, la finition en retard sur les constructeurs asiatiques et européens, leurs consommations délirantes, ….
Cela ne vous fait toujours pas penser à quelque chose ?
Depuis 1996, les investissements chez PagesJaunes pour améliorer la qualité de service à nos clients (la production) se résument à Qualiac au début des années 2000, l’internalisation de la production des PVI il y a quelques années. Et c’est tout ou presque (1).
Par contre, bonjour le nombre de plans marketing, de projets d’optimisation commerciale (FDV 3.0, Jump, Digital 2015 pour ne parler que des derniers), de Stim, …
Inutile de chercher à vendre plus ! Il faudrait déjà garder nos clients en leur offrant la qualité qu’ils sont en droit d’attendre, que ce soit sur la facturation, la fabrication des produits vendus, …
Tant que rien ne sera fait sur ces points, tous les plans marketing, tous les challenges, tous les effets d’annonces, toutes les comm’ resteront sans effets. Et nos clients continueront à fuir.
En remplaçant « Datch » par « JPR », on est passé d’une conception « financière et commerciale » à une conception « financière, marketing et commerciale ». Quel progrès !
Mais quel que soit le nom du Grand Chef, la production et la technologie sont restées les enfants pauvres dans nos investissements.
Mais comme tous nos concurrents dans le monde de la publicité en ligne, nous devons être une entreprise technologique ayant une activité commerciale (2) et non une entreprise commerciale ayant un problème technologique.
Pour la petite histoire, GM et Chrysler ont été mis en faillite, Ford y échappant de peu (ils furent les premiers à vouloir redevenir un constructeur automobiles plutôt qu’un simple vendeur de bagnoles).
(1) on peut toujours parler des moyens faméliques mis en place pour le développement de Getpaid, du refus de mettre en place un ERP (progiciel de gestion intégré), de l’échec de Wisp faute de moyen, de la dernière véritable redéfinition de notre production et outils de production (1994-1996), …
(2) à fort investissement technologique notamment sur la production comme par exemple : Google, Facebook, Criteo, …