Une actualité plus calme ?
Ces dernières semaines ont été marquées par le peu de news PJ à vous transmettre. Cela pouvait provenir d’un relâchement des abonnés ou d’autre chose. Et c’est évidemment cette « autre chose » qui va nous intéresser car elle représente une évolution de l’entreprise. Explications.
En fait, je pense que PagesJaunes est entrée dans une nouvelle phase. Finies les grandes orientations stratégiques, les redéfinitions des modèles économiques, commerciaux, … on entre dans la phase « opérationnelle ». Il s’agit maintenant de mettre en musique tout ceci, avec des complications malvenues.
Les grands choix sont-ils tous faits ?
Un peu cyniquement, on pourrait dire que JPR nous a apporté tout ce qu’il avait à nous apporter : une vision d’une entreprise positionnée différemment !
Ce ne serait pas juste mais pas complétement inexact et l’analyse serait incomplète. Il me semble en effet (et je ne suis pas le seul à le penser) que le changement de modèle économique est imparfait, insuffisant. Certes en terme marketing, en terme d’image, nous ne sommes plus l’annuairiste. C’est bien.
Mais sommes-nous vraiment devenu autre chose (le n°1 de la recherche en ligne ou autre) ? Les PVI, le BUC, la Boutique en ligne et Jump sont-ils suffisants pour cela ? Pouvait-on aller plus loin ? Devait-on aller plus loin ?
Il y a un petit goût d’inachevé mais l’actualité récente ne recèle plus de grandes déclarations sur de nouvelles orientations. On est clairement entré dans la phase où il faut transformer l’essai, mettre en musique la nouvelle partition (fut-elle incomplète).
Les complications malvenues
Tout d’abord, la situation économique :
- l’impact a été dur sur PagesJaunes, notamment en accentuant les effets de retard d’adaptation de l’entreprise (elle n’a pas encore rattrapé son retard). A la clé un chiffre d’affaire toujours à la baisse, des pertes de clients depuis 3 ans, …
- et la crise n’est pas finie, ou plus exactement une nouvelle phase plus profonde, plus structurelle est en train de se déployer (les news seront plus riche à l’avenir sur ce thème).
Ensuite, l’endettement de PJ et ses conséquences :
- une action sous côtée
- un dividende à maintenir coûte que coûte (du cash pour KKR et indispensable pour que l’action puisse remonter)
- une anticipation des des dividendes futurs à la (forte) baisse pour cause d’endettement à rembourser,
- une immpossibilité de revendre PJ pour cause de cotation trop faible,
- ….
Une seule bonne nouvelle : les distributions en cours d’action et autres stocks options risquent de se révèler particulièrement juteuses pour les bénéficiaires (que les grands chefs !!!).
En d’autres termes, il va falloir :
- investir pour développer toutes les activités permettant un retour à la croissance du CA,
- mettre de côté pour rembourser,
- dégager de gros dividendes,
le tout avec des chiffres et résultats à la baisse !
Première solution : économiser !
Economiser sur tout ce qui peut l’être et même sur ce qui ne devrait pas l’être (certains projets ont été reportés à 2012).
Deuxième solution : optimiser
Il ne reste qu peu de marge au travers du contrôle de gestion pour la direction. On peut même s’interroger sur des effets pervers et couteux de ces logiques.
Il va donc falloir mettre les mains dans le cambouis : s’occuper de l’opérationnel (quel gros mot… Beurk !). Autant dire que la partie n’est pas gagnée d’avance en tenant compte :
- du complexe de supériorité de nos directeurs,
- du côté très intéressé de ces mêmes directeurs (cela leur rapporte combien de s’occuper de « ça » ?)
- des armées mexicaines recrutées ces derniers temps et uniquement composées de généraux sans armées : ça réflechit dur, ça discute beaucoup, ça ambitionne encore plus et cela se marche allègrement sur les pieds. Mais c’est tout.
Et nous là-dedans ?
Pour les salariés, je parle des autres, ceux qui essaient encore de faire tourner le machin, je ne sais pas. Mais cela m’intéresse.
Pour ceux que la situation agace, il y a des lieux pour s’exprimer et agir (insuffisants en général).