Mais à quoi servent les moulins à vent ?
Un article précédent a été intitulé « Dom Quichotte et les moulins à vent« . Je vous propose de jeter un oeil plus perçant sur ces fameux « moulins à vent » ( les fameux partenaires sociaux). Prenons quelques exemples :
Le CHSCT Sèvres du 26 novembre 2010
Vendredi 26 novembre au matin se tenait un CHSCT extraordinaire faisant suite à la demande de deux élus :
Les éléments factuels d’appréciation :
- Sur 6 élus, seulement trois présents (un seul absent étant excusé pour cause de congé)
- Sur 5 représentants syndicaux, seulement 3présents
En bref, côté « partenaires sociaux » seulement 6 présents que un total possible de 11. Et encore, sur ces 6, deux d’entre eux n’avaient pas lu la demande de CSHCT extraordinaire et ignoraient donc de quoi on allait parler. Il a fallu que ce soit la direction qui leur donne leur copie de cette demande de CHSCT extraordinaire.
Les éléments « relationnels » d’appréciation :
Les débats furent monopolisés par un seul élu (environ 95% des débats et échanges).
Peut être s’agissait-il de sujets secondaires :
- le projet d’évolution de conduite des projets du SI impactant les 2/3 de la DSI, les RPM et support métiers dans les directions métiers (DC, internet, AI, …)
- la suppression de la commission de suivi de ce projet pour effectuer de suivi en CHSCT
- La direction AdNet
- Les conditions d’installation de deux équipes constitués à 95% de prestataires avec 3.80m2 et 4.80 m2 par personne
- la révision des modalités de consultation du CHSCT avant tout réaménagement tant que la direction ne pourra garantir que ce genre de situation ne se reproduiront plus.
La constante lors du CHSCT fut la suivante : le moins de vague possible pour éviter que ces sujets ne reviennent en réunion plénière du CHSCT en décembre. Donc :
- on maintient la commission de suivi qui a été inefficace jusqu’à présent.
- on continue à déménager et emménager sans consulter le CHSCT bien que la direction ait déclaré qu’elle était incapable de garantir que les dérapages ne se reproduiraient plus.
L’anecdote
Un audit sur la télévente Sèvres a été accordé au CHSCT Sèvres. Tout a été voté : le périmètre, le choix du cabinet (proposé par des élus),… avec l’accord de la direction. Auxquels les deux élus chargés de ce dossier ajoutent en CHSCT ce jour là une demande de 10 heures de délégation supplémentaires pour pouvoir rencontrer des salariés en parallèle de l’audit.
Rien d’extraordinaire selon vous ? Peut être mais cela en est que plus inquiétant. Explications :
- Ces deux élus étant des cumulards, avaient-ils vraiment besoin d’heures en plus
- Rencontrer des salariés étant une mission de base du CHSCT, il ne faut pas manquer d’aplomb pour demander des heures en plus (surtout que l’on ne peut pas dire que l’on voit souvent des élus dans les couloirs ou faire le tour des bureaux)
- Demander à rencontrer des salariés en parrallèle de l’audit ne peut signifier que deux choses :
- soit ils estiment le cabinet incompétent et préfèrent compléter l’audit : dans ce cas, il ne fallait pas proposer et choisir ce cabinet,
- soit ils craignent que l’audit ne disent pas exactement ce qu’ils ont envie d’entendre et je peux alors vous certifier que l’on ne va pas traiter en CHSCT de la réalité de la Télévente mais des fantasmes des uns et des autres sur la télévente (à la fin, ils représentent qui ces « représentants du personnel »).
Le Comité d’Entreprise
Rappel des faits :
La première réunion du CE après les élections de juillet dernier fut pour l’occasion un petit chef d’œuvre dans la catégorie : sous pretexte de protéger l’ancien secrétaire (en voie de licenciement pour avoir refuser de signer le nouveau contrat lors du plan social il y maintenant une décennie), la CFDT (ou plutôt B. Essaadi) s’était livré à une petite démonstration de force en bloquant la désignation d’un secrétaire et d’un bureau (en utilisant ces 5 voix sur un total de 11).
Une démonstration de force visant à bien expliquer aux autres et à la direction que rien ne pourrait se faire sans elle.
Réponse fin août des quatre autres organisations syndicales représentées au CE (FO, CGT, Autonome et CFE/CGC) : désigner un secrétaire et un bureau sans la CFDT (avec 6 voix contre 5).
Le nouvel épisode :
Un « clash » étant survenue dans la dite coalition en novembre, le Comité d’Entreprise n’a plus de secrétaire ni de bureau depuis le dernier CE !
Conclusion :
Mon précédent article sur le sujet intitulé « Dom Quichotte et les moulins à vent » n’étaient pas suffisamment précis. Il y manquait la définition adéquate de nos moulins à vent à nous :
Il ne s’agit des moulins à vent tels qu’ils existèrent et servirent à moudre du grain.
Il s’agit plutôt des moulins à vent que l’on voit de nos jours, qui ont été retapé parce que c’est beau. Mais qui ne servent à rien d’autre « . Alors de temps en temps, on les fait tourner pour montrer qu’ils marchent encore.
Nos syndicats et nos IRP (Instances représentatives du personnel : CE, DP, CHSCT), c’est tout pareil : ils agitent de temps en temps les bras pour montrer qu’ils sont encore en vie. Mais c’est tout.